Très chers lecteurs,
Le soleil fait son grand retour et sa lumière nous souffle que le printemps est à nos portes. De toutes les saisons, c’est ma préférée car elle apporte son lot de promesses après un hiver bien sombre. Pourtant, malgré tous les efforts du soleil pour éclairer notre quotidien, l’actualité persiste à assombrir notre ciel d’une atmosphère anxiogène.
Le monde que nous connaissons est sur le point de changer. La violence avec laquelle une poignée d’oligarques tente de maintenir un modèle économique qui est à bout de souffle est, me semble-t-il assez révélatrice.
Certains s’acharnent à maintenir l’ordre établi de toutes leurs forces, enfin prêts à jouir des promesses que les forts leur avaient faites jadis. Eux qui, plus petits, subirent la violence d’un système les écrasant, les invisibilisant et les méprisant goûtent à présent leur moment de gloire. Ils ne sont donc guère disposés à partager ou à faire une place aux autres. Difficile, somme toute, de leur en vouloir.
La loi du plus fort semble être la voie privilégiée par tous les dirigeants du monde pour organiser leur plus ou moins vaste territoire de gouvernance. Mais comme le personnage de Gaston dans le dessin animé Disney « la Belle et la Bête », nos leaders préfèrent la force du biceps au dialogue. Dommage, car à force de vouloir montrer qu’on est le patron et qu’on est le seul à avoir raison, on risque de faire tomber tout le monde avec soi.
Heureusement, à Bertrix comme partout dans le monde, nous ne rêvons pas tous d’être dans la peau d’un Gaston. Si, comme moi, vous n’avez jamais eu l’occasion de prendre place sur les sièges de la banquette arrière du bus lors des sorties scolaires, vous avez très vite compris que vous apparteniez non pas au camp des Gaston mais bien à celui des médiocres.
Concernant la violence, l’actualité a réduit mon seuil de tolérance au plus bas. J’ironise souvent sur l’état du monde en qualifiant notre époque de fin du monde la plus leeeeeeeente que l’histoire ait connue.
En pleine sixième extinction de masse, avons-nous vraiment envie de continuer à participer à un système qui assoit la domination de quelques privilégiés ? Dès lors, s’il faut continuer à travailler en vue d’enrichir les noms cités dans l’affaire Epstein et leurs petits copains, ne pourrait-on pas au moins exiger de ne pas être surveillés par ces mêmes énergumènes sous prétexte de « sécurité » ?
Je ne voulais pas souffler un vent de panique dans mon premier billet. Pourtant, il est particulièrement inquiétant d’apprendre que le Président des États-Unis a conclu un accord commercial avec OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, pour utiliser ces systèmes dans un objectif de surveillance et de développement de technologies militaires. Sachant que ce dernier s’adonne au chantage à l’encontre de ses « alliés » et s’engage dans des guerres tout en faisant fi du droit international, il serait au mieux naïf de choisir des technologies américaines ou israéliennes pour lutter contre les incivilités et les cacas de chiens à Bertrix.
J’avais suggéré la création d’un comité d’éthique pour éclairer ces choix. Malheureusement, la majorité n’en n’a pas voulu. Avec 62 % des voix, la majorité actuelle a estimé inutile de répondre publiquement à mes questions d’intérêt général. Apparemment, étant donné que je suis l’épouse du coprésident de la locale Écolo, mes préoccupations se résument à celle de la minorité qui a perdu, poils au cucul.
Pourtant, gagner les élections les doigts dans le nez ne dispense pas de faire vivre la démocratie délibérative. Heureusement, chaque citoyen a des droits. Grâce au collectif Transparencia, je découvre que nous pouvons exiger l’accès à toutes les informations détenues par nos autorités locales. Et devinez quoi ? À ce jour, deux demandes de la Ligue des droits humains (2022 et 2024) concernant la surveillance à Bertrix sont restées sans réponse à ce jour, les délais légaux étant depuis bien longtemps dépassés.
Ignorer la Ligue des droit humains ? C’est vachement chaud !
Cette absence de réponse de la part de notre Commune dans un dossier aussi sensible m’inquiète vivement. Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à exercer votre droit de savoir. Que vous soyez de la team des Gaston ou non, le site https://transparencia.be/ vous permet de poser des questions anonymement sur tous les sujets d’intérêt public.
Pour consulter les demandes précédentes, c’est par ici que ça se passe :
https://transparencia.be/body/bertrix
En vrai, je pense que je m’emballe un peu sur le sujet parce que comme le rappelle Pierre-Emmanuel Barré dans sa chronique sur la vidéosurveillance, « c’est vrai que c’est jamais arrivé dans l’histoire que les régimes en place utilisent tous les moyens à leur disposition pour ficher une partie de la population dont ils veulent se débarrasser». Puisqu’on nous dit que c’est pour notre sécurité, c’est que ça doit être vrai… Peut-être qu’en Belgique, l’Arizona veut juste proposer un film documentaire sur tous.tes les Rosetta du Royaume. Quelle chance pour eux de pouvoir compter sur la précieuse collaboration des élus locaux pour filmer la misère humaine en 4K.
De toute façon, moi, je m’en fous parce que perso, j’ai (encore) rien à cacher. Mais dans le doute, je préfère porter mes baskets qui courent vite.
En attendant que nos élus daignent répondre, je vous laisse avec la chronique de Pierre-Emmanuel Barré:
Toute ressemblance avec notre réalité bertrigeoise n’est que pure coïncidence. Merci à tous les petits copains qui m’ont partagé la vidéo <3. Comme on dit, mieux vaut en rire que s’en foutre.
À plus dans le bus (enfin, pas sur la banquette du fond en ce qui me concerne) !
Christelle Léonet
PS : Je profite de cet article pour déclarer ma flamme à tous les Sam Gamegie de l’univers. Et pour tous les Gastons d’ici et d’ailleurs, je voudrais leur chanter :

Que voilà un blague prometteur…
Attention si le téléphone son, ça sera peut-être pas Gaston.
La LDH a interrogé toutes les communes à propos de la vidéosurveillance, via la plateforme Transparencia.?
Beaucoup de communes n’ont pas répondu, Certaines se sont fait tirer l’oreille. C’est instructif de lire les (non) réponses.
J’ai introduit une demande d’accès aux documents via le site de Transparencia. Vous trouverez le lien vers ma demande ci-après:
https://transparencia.be/request/demande_dacces_aux_documents_rel_2